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Mushaf, le Coran comme objet

En arabe
مُصْحَف
Translittération
muṣḥaf
Prononciation
MOUS-haf, avec un s et un h détachés, jamais le son ch français
Les graphies
mushaf mous'haf mus'haf moushaf

Coran nomme le texte ; mushaf مُصْحَف nomme le volume qui le contient, avec sa reliure, son papier et sa mise en page. Le mot arabe désigne donc l'exemplaire, l'objet que l'on tient en main. Son pluriel est masahif.

Deux mots pour deux choses

La distinction est celle du texte et de son support. On relie un mushaf, on en imprime dix mille exemplaires, on en compare deux éditions : ces tournures visent l'objet. Le mot Coran, lui, ne se prête pas à ces tournures, parce qu'il désigne le texte lui-même, indépendamment de sa forme.

Les dictionnaires arabes glosent mushaf par exemplaire, volume, codex, et non par le nom du texte.

Du feuillet au volume relié

ṣ-ḥ-f est la racine de l'écrit sur feuille : sahifa désigne une feuille écrite, suhuf en est le pluriel. Les lexicographes arabes rattachent mushaf à ce qui rassemble ces feuillets entre deux plats ; les étymologistes modernes y voient plutôt un emprunt ancien au guèze mashaf, le livre, réaligné ensuite sur la racine arabe.

En arabe moderne, la même racine donne sahafa, la presse, et sahafi, le journaliste.

Les pages du mushaf, et pourquoi deux exemplaires diffèrent

La pagination la plus répandue compte 604 pages, à raison de quinze lignes par page, sauf les deux premières, où les encadrements de la Fatiha et du début de la Baqara n'en laissent que huit. Chaque page s'achève sur une fin de verset. Ce découpage n'appartient pas au texte mais à l'exemplaire.

D'autres impressions retiennent un autre nombre de lignes, et leurs numéros de page ne correspondent alors plus. Deux personnes qui mémorisent sur deux mushafs différents ne voient pas le même mot en haut de page ; une référence se donne d'ailleurs en sourate et verset, un repérage qui ne dépend d'aucune édition.

Le piège des lettres s et h

Mushaf, mous'haf, mus'haf, moushaf : la variation vient d'un piège de lecture, la suite s + h, héritée de la transcription à l'anglaise, se lisant spontanément ch. L'apostrophe sert à couper ce digramme et à signaler deux sons distincts, un s puis un h fortement expiré, le ha' arabe.

Mushaf est la forme la plus proche de la translittération savante muṣḥaf, dont elle supprime les points diacritiques.

Le mushaf sur un écran

Une application de lecture peut reproduire ce découpage plutôt qu'un défilement continu. IslaMobiles suit la pagination en 604 pages, de sorte que la page affichée soit la même que la page papier.

Vous pouvez ouvrir la lecture et tourner les pages, ou consulter les horaires de prière de votre ville.

Où se vérifie ce qui est écrit ici

Chaque affirmation de cette page se contrôle dans les ouvrages ci-dessous. Une affirmation qui ne s'y vérifiait pas n'a pas été reformulée, elle a été retirée.

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